Porto Novo, Ganvié, Cotonou – Dernier tour sur le lac…

Pour la fin de notre voyage, nous nous sommes basés à Porto-Novo, la capitale du pays, pour visiter les environs.

Porto-Novo : une capitale atypique !

Porto-Novo est la capitale du Bénin mais la ville est bien plus petite que Cotonou (où se situe l’aéroport international). On a été étonnés de se retrouver dans une ambiance presque village en parcourant certaines rues non goudronnées, où il y a peu de circulation : ce n’est pas l’image qu’on se fait d’une capitale !

Les rues de la capitale... en terre tout simplement !
Les rues de la capitale... en terre tout simplement !
Les tailleurs à l'action
Les tailleurs à l'action

Il y a assez peu de choses à voir à Porto-Novo : quelques temples vaudous, le musée du palais-royal (Porto-Novo n’appartenait pas au royaume d’Abomey), un jardin des plantes (à l’abandon…) mais surtout : le centre Songhai. Après une 1ère nuit malheureuse dans un hôtel pourri du centre, nous nous sommes réfugiés au centre Songhai pour y passer les deux dernières nuits de notre séjour et pour visiter ce lieu presque révolutionnaire par rapport à ce qu’on a pu observer dans les campagnes béninoises.

Le centre Songhai est en quelques sortes une ferme modèle, créé en 1985 par un Nigérian qui était convaincu que l’Afrique avait tout ce dont elle avait besoin pour relever la tête, mais qu’il lui manquait de l’organisation et une vision claire de son avenir. Dans cette ferme, on pratique l’agriculture, l’élevage et la pisciculture, ainsi que des activités annexes comme le tourisme, le stockage, la vente, le tout de façon intégrée : les déchets d’une activité servent à enrichir une autre activité. Rien ne se perd, mais beaucoup de choses se créent comme ils nous ont expliqué ! Par exemple : les déjections des animaux sont utilisés pour faire du compost qui servira à enrichir les sols cultivables, les parties non comestibles des cultures sont utilisées pour faire du biogaz qui sert aux cuisines du site, une partie des cultures est utilisée pour faire la nourriture pour les poissons et les animaux, le restaurant du centre propose des plats comprenant une majorité d’ingrédients produits sur le centre, etc. Le centre est aussi et surtout un centre de formation pour les jeunes : ceux-ci sont formés pendant plusieurs mois aux différentes techniques de l’agriculture et de l’élevage durable, et peuvent ensuite aller mettre en pratique leurs connaissances chez eux. Grâce à son succès, le centre Songhai s’est implanté dans d’autres pays africains et apparemment aussi en Europe. La visite était vraiment intéressante !

L'un des temples vaudou de Porto Novo, le temple des pythons (on les voit sortir en haut de la tour ! :-s)
L'un des temples vaudou de Porto Novo, le temple des pythons (on les voit sortir en haut de la tour ! :-s)
Le biogaz produit sur le centre Songhai
Le biogaz produit sur le centre Songhai
L'élevage de dindons
La pisciculture
L'élevage de cailles
Les plastiques utilisés sur le centre sont classés par couleurs et par matières afin d'être réduits en paillettes pour être recyclés
Les plastiques utilisés sur le centre sont classés par couleurs et par matières afin d'être réduits en paillettes pour être recyclés
Le composteur géant du centre Songhai !

Conseils aux voyageurs :

Pour aller à Porto-Novo depuis Cotonou en transport en commun : il faut prendre un taxi collectif (600-700 FCFA) ou un mini-bus (500 FCFA) à Dantokpa. Pour partir de Porto-Novo vers Cotonou, vous pouvez aller à la gare routière mais si vous êtes au centre Songhai, il suffit de traverser la rue devant le centre et de héler les taxis communs qui passent (c’est la route pour Cotonou). On a attendu moins de 3 min à chaque fois avant d’en trouver un !

Si vous voulez passer la nuit à Porto-Novo, on vous recommande vivement le centre Songhai : il y a des chambres à partir de 8000 FCFA et les chambres avec clim et sdb privée sont à 13 000 FCFA. Les petits-déjeuners complets sont à 1500 FCFA, les plats à 3500 FCFA (un peu chers, mais les entrées étaient à 1200 FCFA et étaient suffisantes le soir). L’accès à la piscine coûte 500 FCFA par personne et par jour.

On avait testé en premier l’hôtel Casa Danza, mais c’était le pire hôtel de notre séjour : pas de moustiquaire sur le lit et des moustiquaires en lambeaux aux fenêtres : on a passé la nuit à se battre avec les moustiques ! Sans compter le restaurant où ils ont mis 30 min à nous trouver du pain et du café pour le petit-déjeuner (pas possible d’avoir du beurre, de la confiture ou du thé). On était les seuls dans l’hôtel et on comprend pourquoi…

On a testé comme resto local le Bar Mahi, pas loin du parlement, on a pu goûter pour la 1ère fois à l’igname pilé dont on nous avait tant parlé ! A tester si vous êtes dans le coin. Tout comme le café situé au milieu du jardin des plantes : c’est un havre de paix au milieu de la ville, où ils servent de bons jus de fruits à des prix raisonnables.

Adjara

Adjara est une ville limitrophe à Porto-Novo, réputée pour son marché artisanal et sa « rivière noire ». La petite difficulté, c’est que le marché artisanal se tient tous les 4 jours, et qu’il est toujours compliqué d’avoir l’info du prochain jour où se tient le marché. On nous avait dit qu’il avait lieu le mercredi, et quand nous sommes arrivés sur place, on nous a dit qu’il avait eu lieu la veille ! Hors des jours de marché, il y a quelques vendeurs mais c’est vraiment vide…

On s’est baladés pour admirer les vendeurs de tams-tams, une des spécialités de la ville. Puis on a fait un tour en bateau sur la « rivière noire », qui est une rivière sacrée selon les vaudous. On n’a pas compris pourquoi elle était qualifiée de noire… On a visité un village de l’autre côté de la rivière, où était produit du vin de palme et du sodabi, l’alcool fort à base de vin de palme fabriqué au Bénin. On a également visité une petite ferme (le Jardin des oliviers) qui ressemblait fort à Songhai, mais en plus petit.

L'une des fabriques de tamtams du marché d'Adjara
L'une des fabriques de tamtams du marché d'Adjara
C'est parti pour une balade au calme sur la rivière noire
Voici un piège à poisson automatique sur la rivière pour une pêche sans efforts
Voici un piège à poisson automatique sur la rivière pour une pêche sans efforts
Un petit verre de Sodabi, l'alcool fort national, version fait maison dans le village
Le jardin des oliviers et ses champs
Les lapins du jardin des oliviers

Conseils aux voyageurs :

On n’a pas été convaincus par Adjara, si vous voulez y aller, essayez d’y aller le bon jour du marché. Pour faire un tour sur la rivière noire, on n’a pas pris les quelques guides qui nous ont proposé leurs services dans le marché, mais on a marché jusqu’à la rivière, à un embarcadère, et comme le gars qui était là nous a paru sympa, on a fait le tour avec lui. C’était quand même assez cher : 5000 FCFA pour l’aller-retour en bateau et les visites sur la rive d’en face.

Ganvié, au fil de l’eau

Ganvié est appelé la Venise africaine par les Béninois : alors, certes, c’est une ville sur l’eau (sur un lac plus précisément), mais ça a quand même beaucoup moins de charme que Venise ! Ganvié reste cependant une des attractions majeures du Bénin. On visite cette ville en pirogue, et on y découvre des maisons, des marchés flottants, des écoles, une clinique, des hôtels, des restaurants… tout comme une ville normale, avec les zems (les motos-taxis) en moins ! Ils sont remplacés par des petites pirogues-taxis, véridique ! On a été déçus par la visite car notre guide n’était vraiment pas intéressant et car les habitants étaient peu accueillants : soit ils nous demandaient de l’argent, soit ils se cachaient pour ne pas qu’on les prenne en photo. Ça doit être dû au nombre de touristes, même si nous n’en avons croisé aucun durant nos 2h de navigation…

On a aussi visité un village semi-lacustre (c’est-à-dire qu’il est à moitié sur des zones émergées, et à moitié sur des zones immergées), moins touristique, où l’accueil était plus souriant !

Le départ coloré depuis l'embarcadère
La plongée dans les filets pour aller retirer les branchages
Le repos après la pêche
L'accueil dans le village
L'accueil dans le village
Une belle maison flottante
Ganvié est l'un des points d'entrée de l'essence de contrebande provenant du Nigéria voisin. Tous ces bidons sont remplis d'essence !
Les rues de la ville
L'un des oiseaux présents sur le lac
Toutes les maisons ne sont pas aussi bien construites...

Conseils aux voyageurs :

Notre guide, conseillé par le guide Le Petit Futé, n’était vraiment pas top (il ne donnait que peu d’information, ne parlait que de lui et de son agence de voyage, il avait tout vu et tout fait…) : il s’appelait Augustin. Il était assez cher (31 000 FCFA pour 2, pour la visite de Ganvié et de 2 villages semi-lacustres : So-Ava et So-Tchanhoué). On ne vous le conseille pas ! Vous pouvez trouver des guides en arrivant sur place, sinon on a aussi entendu parler des guides de l’hôtel Chez M (situé à Ganvié), peut-être aurez-vous plus de chance que nous !

Cotonou

Cotonou, c’est là où le voyage commence et là où il se finit, car c’est là que se trouve le seul aéroport international du Bénin. La ville est bruyante, polluée et fatigante, comme toute grande ville. On y a surtout visité les marchés : d’alimentation, d’objets en tout genre, de tissus africains,… il y en a pour tous les goûts !

Conseils aux voyageurs :

Nous avons dormi en arrivant à la Guesthouse Haie Vive, située dans le quartier des expats, à 2km de l’aéroport. On n’a pas été convaincu par cette auberge, l’accueil était froid, la chambre était glauque et hyper-bruyante à cause de la circulation, et ça coûtait 15000 FCFA la nuit. Il y a le Wi-Fi.

Pour manger, on a testé le Livingstone, situé rue Haie-Vive, bonnes pizzas ! On a aussi déjeuné au Maman Bénin, une institution selon le Petit Futé. Ca permet de s’habituer à la cuisine africaine dans un cadre climatisé et calme !

Pour le retour, comme notre avion était le soir, nous avons préféré dormir à Porto-Novo et rentrer sur Cotonou dans l’après-midi.