Après avoir visité le centre du Bénin, nous avons continué vers le sud-ouest. Trois étapes étaient au programme dans cette région : Possotomé, au bord du lac Ahémé ; Ouidah, la ville mémoire de la traite négrière ; et Grand-Popo, station balnéaire le long de l’océan.

Possotomé : découverte de la pêche sur le lac Ahémé

Possotomé est une petite ville, bien plus petite que toutes celles où nous avons séjourné durant notre voyage au Bénin. Elle est connue dans tout le pays car elle abrite une source d’eau minérale, qui coule à flot à environ 50°C. Une partie de l’eau est embouteillée et vendue au Bénin sous la marque Possotomé, le reste est réparti dans plusieurs fontaines dans le village qui permettent aux habitants de s’approvisionner en eau potable quand ils le veulent.

Eau chaude à volonté !
Eau chaude à volonté !

Possotomé est situé au bord du lac Ahémé, un des plus grands lacs du Bénin (35 km de long tout de même !). Ce lac a la particularité de contenir de l’eau douce ou de l’eau salée selon la saison ! En effet, 2 rivières se jettent dans ce lac au nord, et 2 rivières en sortent pour finir dans l’océan. Durant la saison des pluies, les rivières en amont du lac sont remplies d’eau douce et le lac contient donc de l’eau douce. En saison sèche, l’océan remonte par les rivières et remplit le lac Ahémé d’eau salée. Les espèces de poissons varient donc également selon la saison. De nombreux pêcheurs naviguent sur le lac, en utilisant différentes techniques de pêches : la plus connue est la pêche dite à l’épervier. Il s’agit de lancer un filet avec des petits poids sur les bords : les poids s’enfoncent dans la vase de quelques centimètres. Les poissons, alertés par le bruit, plongent dans la vase, mais ressortent quelques minutes plus tard comme rien ne bouge. Le pêcheur va ensuite relever son filet, qui se referme vers le bas par la force des poids, emprisonnant les poissons à l’intérieur.

Lors de notre séjour à Possotomé, nous avons fait un tour sur le lac avec un guide, Lucien, qui nous a expliqué les différentes techniques de pêche et nous a même fait essayer la technique de l’épervier. Autant Simon s’est bien débrouillé dans le lancer du filet, autant Cléo avait encore du travail avant d’espérer pêcher un poisson… Seul le guide a eu du succès en pêchant deux poissons (plus quelques tout petits, qu’il a remis à l’eau directement).

Une pêcheuse de crabes
Notre guide-pêcheur pour la visite sur le lac : Lucien !
Et voici le résultat de la pêche de Lucien : un joli poisson !
Et voici le résultat de la pêche de Lucien : un joli poisson !
Beau lancer !
A notre tour de tester ... (bon, on vous épargne la photo du lancer de Cléo^^)
Bien joué !

A Possotomé, nous avons réservé notre 1er hôtel avec piscine, ça faisait du bien de se rafraîchir ! On y a passé toute une après-midi, et on l’a eu pour nous seuls plus des trois-quarts du temps. Ca, c’est un des grands mystères de notre voyage : où sont les touristes ? Certes, nous avons choisi de venir au Bénin notamment car c’était un pays peu touristique, mais quand on voit le nombre d’hôtels et de restaurants vides, on se demande s’ils sont pleins un jour dans l’année, ou si les infrastructures ne sont pas surdimensionnées.

Conseils aux voyageurs :

Pour venir à Possotomé, il faut prendre un taxi ou un zem depuis Comé. L’aller en taxi privé nous a coûté 6000 FCFA pour 2, le retour en zem 1500 FCFA par personne (chacun avait un zem).

Nous avons dormi chez Théo (+229 97 18 31 18). Les chambres doubles ventilés sont à 16 000 FCFA, mais comme ils n’en avaient pas de dispo (ou qu’elles n’existent plus ?), nous avons eu une chambre climatisée pour ce prix. La piscine est gratuite pour les clients de l’hôtel, mais les autres peuvent quand même payer pour y accéder. Elle est située à 200 m de l’hôtel, et quand nous y sommes allés, il n’y avait personne, pas même quelqu’un de l’hôtel pour faire payer les non-résidents…

Le resto de l’hôtel est bon, les prix sont plus élevés que d’habitude (4000 FCFA la plupart des plats), mais le cadre est magnifique : sur un ponton sur le lac ! Nous avons aussi testé le resto de l’hôtel d’à côté : Village vacances Ahémé : un peu moins cher et un peu moins bon, avec un cadre magnifique également.

Pour les visites sur le lac : nous avons été sollicités par plusieurs guides (à notre hôtel, dans la rue…) mais nous avons préféré faire appel à l’association EcoBénin. Nous avons contacté Léon (+229 67 19 58 37), qui est à l’auberge de Possotomé, et il nous a arrangé la visite avec le guide Lucien, très sympathique. La visite coûte 5000 FCFA / personne et dure 2h30. Il y a un piroguier en plus du guide, ce qui permet au guide d’être disponible pour nous expliquer beaucoup de choses.

Ouidah : ville mémoire

La ville de Ouidah est tristement célèbre au Bénin pour avoir été la ville de départ de millions d’esclaves vers l’Amérique. Cette ville appartenait au royaume d’Abomey, dont les rois ont participé activement à la traite négrière : les rois échangeaient leurs prisonniers de guerre aux Européens contre ce qui est maintenant appelé des « pacotilles », à savoir : des bijoux, des miroirs, mais surtout des armes et de la poudre à canon. Les rois d’Abomey pouvaient ainsi continuer d’étendre leur territoire avec ces armes, de récupérer d’autres prisonniers de guerre et de regagner des armes, etc. Les prisonniers de guerre devenaient ainsi les esclaves des Européens et étaient envoyés en Amérique.

La route des esclaves à Ouidah permet de remonter sur les traces de ces esclaves : les esclaves étaient échangés sur la place du marché, puis ils devaient faire le tour d’un arbre (« arbre de l’oubli ») pour leur faire soi-disant perdre tout repère et oublier leurs racines. Les esclaves étaient ensuite enfermés dans des cases sans fenêtres pendant plusieurs semaines, pour simuler les conditions d’enfermements qu’ils auraient à subir dans les cales du bateau qui les emmèneraient en Amérique. Ceux qui sortaient trop faible de cette 1ère épreuve étaient jetés dans un immense charnier… Les survivants faisaient ensuite le tour de « l’arbre du retour », ce qui leur assurerait que leur âme revienne dans leur pays d’origine à leur mort. Ensuite, les esclaves étaient amenés enchaînés à la plage, où les attendaient des pirogues qui les amenaient à un plus grand bateau. Beaucoup essayaient de se suicider en se jetant à l’eau, pour éviter le sort qui les attendait de l’autre côté de l’Atlantique. Sur la plage a été construite la « porte du non-retour », avec l’aide de l’Unesco, pour ne jamais oublier cette tragique période de notre Histoire.

Bas-relief représentant le marché aux esclaves
Une statue à l'emplacement des anciennes cases où étaient enfermés les esclaves.
Une statue à l'emplacement des anciennes cases où étaient enfermés les esclaves.
L'arbre du retour
La porte du Non-Retour

Dans un registre plus léger, Ouidah est une ville agréable à parcourir, plutôt calme et avec plusieurs points d’intérêts. Nous avons visité l’ancien fort portugais, transformé en musée de la ville ; la fondation Zinsou : une fondation d’art contemporain africain ; ainsi qu’un village de production de sel.

Architecture afro-brésilienne de Ouidah
Visite du marché
A la fondation Zinsou
2018 08 11 - Ouidah 014
Le fort portugais
Balade en pirogue sur la lagune
Ici aussi ils utilisent la technique de la pêche à l'épervier;
Procession suite à un décès dans un des villages semi-lacustres.
Séparation du sel par évaporation
Séparation du sel par évaporation
Le sel de la lagune

Conseils aux voyageurs :

Nous avons logé au Jardin Brésilien – Hôtel de la Diaspora, sur le bord de la plage. Les chambres ventilées sont à 12000 FCFA, demandez-en une qui donne côté nord ou est du bâtiment, sinon vous aurez très chaud ! L’intérêt de cet hôtel, c’est sa piscine (d’eau de mer) ! Ce qui est moins pratique, c’est qu’il est loin du centre-ville (4km) donc ça fait un budget zem à prévoir (on arrivait à négocier à 500 FCFA pour 2 le trajet). Le resto de l’hôtel est cher et il faut être patient, par contre les poissons sont très bons !

Notre bonne adresse resto à Ouidah, c’est l’Amicale (au croisement de la rue qui longe la fondation Zinsou et de celle qui touche la basilique). A l’Amicale, on mange en terrasse ou dans la salle ventilée, des chawarmas et des plats africains classiques (mais bons), le tout servi rapidement et à des prix très raisonnables (1000 à 2000 FCFA les plats).

Pour parcourir la route de l’esclave, nous avons fait appel au guide de l’Office du tourisme : Hervé (au n° :  +229 97 56 45 38 ou directement à l’office du tourisme). La visite guidée en moto coûte 10 000 FCFA pour 2, nous l’avons trouvée intéressante. Nous avons aussi fait la visite dite « Ecotourisme » (15 000 FCFA pour 2, mais ça ne les vaut pas selon nous), où nous avons fait un tour en pirogue sur la lagune, nous avons reçu quelques explications sur les plantes, les oiseaux, la pêche, la vie ici… et nous avons visité le village de sel, qui était le but de notre visite. Mais ce village de sel est situé à côté de la route de l’esclave (sur votre droite quand vous allez vers la mer, juste avant le pont qui surplombe la lagune), donc il n’y a pas besoin de prendre une pirogue pour y aller. On vous conseille plutôt de faire un tour par vous-même pour observer les femmes travailler. C’est mieux d’y aller à marée basse car à marée haute, les femmes ne travaillent pas forcément…

Grand-Popo : découverte de la pêche dans l’Atlantique

Grand-Popo, c’est la station balnéaire béninoise. Mais rien à voir avec nos bords de mer bétonnés et surpeuplés : ici, il y a une plage qui s’étend sur des kilomètres de long (un peu comme dans le nord de la France ;)), avec des cocotiers (pas comme dans le nord de la France !), quelques hôtels qui donnent directement sur la plage et des vagues tellement hautes qu’il est déconseillé de se baigner. Toute la côte béninoise est d’ailleurs réputée dangereuse à la baignade… Les seules personnes qu’on a vu se baigner, ce sont les pêcheurs qui vont chercher leurs filets au milieu des vagues, impressionnant ! La technique de pêche à Grand-Popo est très particulière, on ne l’avait jamais observée ailleurs : un immense filet est mis le matin au large par des petits bateaux, puis en début d’après-midi, des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants se retrouvent sur la plage et tirent deux cordes (reliées chacune à un bout du filet) pendant plus de 2h, jusqu’à remonter le filet rempli de poissons. Les poissons récupérés sont ensuite partagés entre tous ceux qui ont tiré. On a assisté et même participé au tir du filet, c’est sportif comme pêche ! On n’est pas restés assez longtemps pour voir ce qui avait été pêché…

A Grand-Popo, on est juste à côté de la Bouche du Roy : c’est là que la lagune (qui récupère les eaux du fleuve Mono et du lac Ahémé) se jette dans l’océan. Sur quelques kilomètres, il n’y a qu’une fine bande de sable qui sépare la lagune de l’océan !

Et voilà comment se passe cette technique de pêche bien particulière.
Allez, on tire !
Nos nouvelles copines, Espoir et Chrisnelle, en vacances à Grand-Popo.
Un peu surréaliste cette grande estrade à l'honneur du vodou en plein milieu d'une immense plage !
A gauche la lagune, à droite l'océan !

Conseils aux voyageurs :

On nous avait recommandé de dormir à l’auberge Ecobénin à Avlo, mais nous avons appelé la veille et il n’y avait plus de place. Nous sommes alors allés à l’auberge La Maison Blanche, située en bord de plage, à 2km du centre. Les bungalows sont vraiment bien par rapport aux autres hébergements qu’on a pu avoir au Bénin (15000 FCFA la nuit), l’accueil est assez neutre. Les petits-déjeuners sont entre 2000 et 2500 FCFA.

Nous avons testé deux restos non loin : Boca del Rio et Saveurs d’Afrique. Les deux sont des restos plus « chics » que d’habitude, avec un joli cadre et une déco soignée. Les prix vont avec : 5000 à 6000 FCFA le plat au Boca del Rio, à partir de 4000 FCFA pour Saveurs d’Afrique. Ce sont principalement des plats à base de poisson ou de fruits de mer, avec des saveurs plus travaillées que ce qu’on a testé ailleurs au Bénin.

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