Nous sommes partis de Nati avec Noël, notre guide dans le parc de la Pendjari et dans le pays Somba, pour aller à Djougou : sur la route, nous nous sommes arrêtés dans un des villages Tanékas, réputés pour leur mode de vie traditionnel.

Visite du village Tanéka Béri

Les Tanékas sont un peuple qui vit dans deux villages à la frontière togolaise, sur les flancs d’une colline (afin de mieux voir les ennemis arriver de loin). Les villages se visitent avec des guides locaux. Les Tanékas vivent dans des cases très simples, et sont encore gouvernés par des rois. Il y a 4 rois, un par quartier, secondés par des notables et des dignitaires. Les rois gèrent les problèmes de la vie en société, c’est eux qui règlent les différends entre les habitants, et qui rendent la justice. Les Tanékas sont majoritairement des agriculteurs, et comme les terres autour des villages ne sont plus assez fertiles, ils cultivent des champs à plusieurs dizaines de kilomètres de chez eux et ne rentrent pas chez eux durant plusieurs mois. Ce qui fait qu’il ne reste qu’une bonne centaine d’habitants (les jeunes enfants, les personnes âgées et quelques femmes) dans le village une bonne partie de l’année. Ca, c’est la version officielle. La version officieuse, c’est que la plupart des habitants auraient immigré vers le Nigéria voisin où il y a plus de boulot. On ne sait pas quelle version est vraie…

Bref, quand on a visité le village, on a trouvé des cases abandonnées et assez peu d’animation, à part à 3 points « stratégiques » : sous un baobab sacré où un rituel était en train de se produire (on n’a pas bien compris en quoi il consistait malgré les explications de notre guide…), dans la zone de préparation du tchouk (la bière de mil, spécialité du nord du Bénin, qui a un goût de cidre), et dans la salle d’audience du roi, où nous avons été reçus par ce dernier. C’était quand même la première fois qu’on rencontrait un roi, et il nous a même autorisé à prendre une photo souvenir ^^

Bienvenue au village Tanéka Béri !
Une maison typique
Une maison typique
Et voilà Monsieur le Roi (du village) !
Sur la place de fabrication de la bière locale !

Conseils aux voyageurs :

Vous l’aurez compris, on est assez partagés sur cette visite. On s’attendait à un village plus vivant, et notre guide n’était pas passionnant ni très compréhensible. On n’a visité qu’un village (Tanéka Beri), on peut en visiter un autre mais on pense qu’il faut repayer.

Djougou

C’est à Djougou que notre guide nous a laissés, et nous avons donc visité la ville en autonomie, après 5 jours à se laisser guider : ça faisait bizarre ! On a visité le petit marché (il y en a un plus grand qui se tient tous les 5 jours), très animé, et nous avons cherché les artisans de la ville, car Djougou est réputé pour son artisanat. Nous avons ainsi pu visiter un centre de tissage, et observer quelques échoppes de forgerons et ferrailleurs. Par contre, pas de trace des autres artisans décrits dans notre guide… On pense que la ville est réputée pour son artisanat car on y trouve de tout de plusieurs pays : la ville est en effet au carrefour de grandes routes pour rejoindre le Togo, le Nigéria et le Burkina Faso.

Nous sommes également rentrés dans nos premières boutiques de pagnes, ces tissus africains plus colorés les uns que les autres aux motifs variés (on a vu, en plus des oiseaux, fleurs et formes géométriques classiques, des tissus avec des dessins de clés USB, de klaxons de motos, de talons hauts, etc). Ce sont avec ces tissus que les béninois se font la majorité de leurs vêtements, directement chez un couturier. Le haut est assorti au bas, même pour les hommes ! Et il n’est pas rare que deux sœurs, deux amis ou une famille au grand complet se fassent faire des vêtements dans le même tissu.

Nous avons également « admiré » (on vous laisse juger par vous-même !) la façade du palais royal de Djougou : comme à Tanéka, il y a encore un roi, qui n’a plus vraiment de pouvoir administratif mais qui garde ce titre de roi.

A Djougou, nous avons aussi appris à dire « blanc » dans la langue locale : « batoulé ». Eh oui, tous les 50 mètres minimum, on avait des enfants qui criaient « Batoulé batoulé batoulé ! » en nous faisant de grands bonjours de la main. On ne passait pas inaperçus ! En allant dans d’autres villes du Bénin, on s’est rendus compte que c’était une habitude dans tout le pays : où que nous passions (à part dans les grandes villes), nous étions accueillis par des enfants qui criaient « blanc » dans leur langue locale. La langue la plus répandue au Bénin est le fon, dans laquelle blanc se dit « yovo ». On ne compte plus les milliers de « yovo » qu’on nous a criés !

Djougou, au carrefour de 3 pays !
L'atelier de tissage
Les tissus fabriqués dans l'atelier
Quelques exemples de pagnes ! Que de couleurs ! Ils ne sont pas tissés à l'atelier de tissage : les pagnes sont fabriqués en Hollande (la Dutch wax est très réputée) ou dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest comme la Côte d'Ivoire ou le Ghana à partir de coton qui peut venir du Bénin ! Il n'y a pas d'usine de fabrication de pagnes de ce type au Bénin.
Et voilà ce que ça donne sur deux petits béninois !
Et voilà ce que ça donne sur deux petits béninois !
Le palais royal de Djougou... voilà voilà voilà...
Vente de sortes de pancakes : très bon !
Ca y est, finie la belle vie à se faire conduire en 4*4, on va expérimenter nos premiers taxis-brousse ! (rassurez-vous, on est rentrés en France et on est bien vivants^^)

Conseils aux voyageurs :

Si vous avez peu de temps au Bénin, on ne vous recommande pas de vous arrêter à Djougou, ça n’était pas l’étape incontournable de notre voyage. Mais nous avions 3 semaines donc nous avions le temps d’aller dans des endroits moins touristiques !

Nous avons logé au Motel du lac, qui est un peu éloigné de la ville : c’est calme mais ça force à prendre un zem pour aller au centre. Les chambres étaient très propres avec une terrasse privée, mais c’était un peu cher : 16 000 FCFA la nuit. Le resto propose des plats béninois mais aussi des plats algériens car les propriétaires viennent de là-bas : c’était très bon !

Nous sommes allés déjeuner à l’hôtel Quasar : il faut attendre, bon rapport qualité-prix mais surtout : il y a du wi-fi ! C’est assez rare pour être souligné.

Les bus ATT et La Poste pour descendre de Djougou vers le sud (Dassa, Bohicon, Cotonou…) partent à 7h de Djougou en théorie. Notre bus ATT est parti à 8h en pratique. On est arrivés à Dassa vers 13h30, le trajet nous a coûté 4000 FCFA/pers avec ATT (La poste était à 6500 FCFA). Comme toujours dans les bus au Bénin, il n’y a quasiment pas d’arrêt : prévoyez de quoi manger et boire.

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