Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous avons l’impression que les habitants de Copacabana (en Bolivie sur le lac Titicaca, et non pas la plage de Rio de Janeiro) accordent plus d’importance à la bénédiction de leur voiture… qu’au contrôle technique ! Tous les jours, et particulièrement le dimanche, des dizaines d’automobilistes viennent faire bénir leur voiture, bus, taxi, sur la place centrale.

Copacabana, lieu des croyances les plus surprenantes

Le nombre de croyances que nous avons pu voir à Copacabana est très surprenant. Comme évoqué plus haut, boliviens et péruviens s’y rendent régulièrement et en nombre afin d’y faire bénir leurs voitures et autres véhicules par le prêtre du village. Le rituel est très bien rodé, et il vaut mieux vu les bouchons que cela provoque dans la rue ! Si vous souhaitez faire bénir votre voiture à Copacabana, voici donc la marche à suivre :

  1. Rendez-vous assez tôt (surtout un dimanche) sur l’avenue 6 de Agosto, en face de la basilique de Copacabana.
  2. Une fois arrivé, vous trouverez sur place quantité de stands tenus par des cholitas, qui pourront vous vendre pour environ 50 $B ou 25 PEN (le boliviano et le sol péruvien sont tous deux acceptés) un « kit bénédiction » qui comprend la déco de la voiture à base de bouquets de fleurs attachés aux rétroviseurs, une guirlande de fleurs rouges sur le capot, un bouquet attaché au radiateur, une bouteille de mousseux pour la fête, et la mise en œuvre de tout ceci sur la voiture. Vous pouvez ajouter à ce kit pas mal d’autres choses en fonction de ce que vous souhaitez, mais on va dire que ce kit est le minimum syndical pour une bénédiction en bonne et due forme.
  3. Une fois parée pour la bénédiction, il n’y a plus qu’à attendre le passage du prêtre. Et on doit dire qu’il en a du boulot pour un dimanche matin ! Quand nous y étions, il n’y avait pas moins de 200 m d’attente avant de se faire bénir…
  4. Après avoir attendu, le prêtre se présente et bénit la voiture et les propriétaires. Il faut être rapide si vous voulez prendre des photos car la bénédiction se fait en deux temps trois mouvements vu le nombre de participants. On a pas vu le prêtre se faire payer donc on ne sait pas trop comment il finance ses dimanches matins et s’il y a un enfant de cœur qui passe faire la quête entre les voitures…^^
  5. Heureusement, quelques photographes sont présents et proposent leur service de photos instantanées. Ils sont équipés d’une imprimante portable et décochent l’impression plus rapidement que leur ombre pour permettre aux croyants de repartir avec la photo souvenir !
Les stands de vente de kits bénédictions
Les décorations qui peuvent se mettre dans les bus et qui attestent que le véhicule a été béni à Copacabana
L'achat du kit-bénédiction
La mise en œuvre des guirlandes par la cholita
La mise en œuvre des guirlandes par la cholita
Un bus qui attend la bénédiction capot ouvert
La bénédiction de la voiture
La bénédiction des propriétaires
Les photographes sont prêts à dégainer leur imprimante portative
Les photographes sont prêts à dégainer leur imprimante portative
Et voilà la résultat en photo ! Ne nous demandez pas pourquoi, mais ils ont souhaité que Simon vienne avec eux pour la photo !

Dans une croyance plus classique, il existe aussi un chemin de croix jusqu’à un mirador, que les croyants empruntent en jetant des petits cailloux sur chaque croix pour que leur souhaits se réalisent. Enfin, en haut de ce mirador, plusieurs vendeurs proposent des miniatures de commerces, maisons, chantiers, voitures, cabinets de médecins ou d’avocats, etc. afin que l’acheteur puisse réaliser son rêve d’achat de ces biens en question ! Une fois de plus, le rituel est assez drôle. On choisit le bâtiment que l’on souhaite posséder pour 5 $B (une somme modique, même pas 1 €), le vendeur bénit le bâtiment et l’acheteur (oui on ne sait pas d’où le vendeur de rue a reçu ses supers-pouvoirs de super-bénédicteur…), et il lui remet un acte de vente du bâtiment en question. Vous n’avez plus qu’à attendre ensuite que votre rêve se réalise !

A part ça, la petite ville de Copacabana n’est pas une merveille à visiter, mais on doit dire qu’on s’est bien amusés à voir tout ce spectacle. Nous étions venus à Copacabana principalement pour aller sur l’Isla del Sol.

Nous depuis le mirador
La vue sur la baie de Copacabana
La vue sur le lac Titicaca
La vente de gelée sur la plage
Le week-end de Pâques il y avait un nombre incroyable de tentes installées par les vacanciers sur la plage
La vente de céréales soufflées en tous genres dans les rues
Les maisons en vente. Héloïse, il y a un cabinet de Psychologue, tu sais où tu dois passer tes prochaines vacances^^
L'acte de vente

Conseils aux voyageurs :

A Copacabana, nous avons testé 2 bonnes adresses:

  • Pan America’s (place 2 de Febrero) : un couple d’américain qui propose des sandwichs et des pizzas (bonnes mais chères), mais surtout d’excellents desserts ! Banana bread, cookies, roulé à la canelle, gâteau aux noix… un délice !
  • Pit stop bakery (avenue 16 de Julio, juste en face des départs de bus) : on peut manger sur place ou emporter (pratique si vous avez un bus !) de délicieux empanadas, des quiches variées, et de très bons desserts.

Isla del Sol, le calme après Copacabana

Copacabana est un village agité, où il y a beaucoup de touristes et en permanence des gens dans la rue. L’Isla del Sol, au contraire, est bien plus calme et plus sereine : c’est une île située sur le lac Titicaca à 1h30 de bateau de Copacabana. Ce n’est pas une île complétement isolée : il y a de l’électricité dans les hôtels et on en a même vu 2 qui affichaient fièrement : « Wi-Fi » ! Mais les paysages et le peu d’habitations vous donneront l’impression d’être dans un lieu loin du monde !

Nous avions prévu de partir 2 jours pour l’Isla del Sol : nous voulions arriver le matin au nord de l’île, prendre le sentier des crêtes (c’est une île montagneuse) jusqu’au sud de l’île, où se trouve la majorité des hébergements, dormir sur place, et le lendemain, se balader dans la partie sud et reprendre le bateau. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu : en débarquant sur l’île, on a appris que des conflits entre les communautés du nord et du sud rendaient impossible l’accès au nord de l’île ! On ne pouvait débarquer qu’au sud, et même à pied, il était interdit de rejoindre le nord. Notre programme était nettement raccourci, on s’est demandé ce qu’on allait pouvoir faire… c’était sans compter sur la pluie, qui s’est abattue sur l’île toute la 1ère matinée. On a donc passé la matinée dans notre chambre, et quand la pluie s’est arrêtée vers 13h, on est partis arpenter le sud de l’île. On a commencé par la visite de petits vestiges incas (peu impressionnants, et il n’y a aucune explication…), puis on a fait le tour de la pointe sud, et on a grimpé jusqu’au chemin de crêtes pour avoir un magnifique point de vue sur l’île. Ces paysages nous ont fait oublier les déceptions du matin !

Le point de vue sur l'île
Le trio gagnant des animaux vus sur l'île
Le lac Titicaca qui entoure l'île
Une petite île face à l'isla del sol avec en fond l'isla de la luna
La vue sur les cultures en terrasses
Quelques fleurs de l'isla del sol
Le temple du soleil. Ne nous demandez pas d'explications, nous n'en avons eu aucune !

Conseils aux voyageurs :

Renseignez-vous avant de partir sur ce qui est accessible sur l’île !! On n’a aucune idée de combien de temps peuvent durer ce genre de conflits… Sincèrement, la nuit sur l’île n’est pas nécessaire si seul le sud est ouvert : en arrivant à 10h et en reprenant le bateau à 15h, ça vous laisse largement le temps de faire le tour du sud. Ça vous fera des économies car le billet aller-retour sur la même journée coûte 30 $B, alors que sur 2 jours, il faut prendre 2 allers à 25$B soit 50$B en tout. Il y a plusieurs compagnies qui font le trajet, mais en arrivant au port, seul un bureau vendait des billets donc on a dû les prendre là. Les bateaux partent à 8h30 de Copacabana, il suffit de venir à 8h pour acheter son billet. On vous recommande également de vous mettre dans la queue pour monter sur le bateau : les billets sont vendus sans compter, et s’il n’y a plus de place à l’intérieur du bateau, il vous restera le toit en plein vent ou le pont à côté des odeurs d’essence ! Ca nous est arrivé à l’aller, on ne s’est pas fait avoir au retour !

La plupart des hôtels de Copacabana proposent de garder vos gros sacs : ne vous encombrez pas, prenez le strict minimum sur l’île, surtout si vous prévoyez de randonner ! On vous rappelle qu’on est à 3  800m d’altitude, le manque d’oxygène se fait vite sentir.

Pour se balader dans le sud de l’île : on vous recommande de partir de l’église de Yumani, de prendre le chemin qui mène aux ruines de Pilkokaina : le chemin offre de belles vues sur le lac et la cordillère royale en fond ! Le chemin continue ensuite jusqu’à l’extrême sud, au-dessus d’un bâtiment assez grand. Ensuite, si vous avez de bonnes chaussures, vous pouvez tenter de remonter la colline jusqu’au sentier des crêtes. Il n’y a pas de sentier, il faut s’en frayer un entre les champs de quinoa, les murs de pierres qui délimitent les cultures en terrasse, et les bosquets… tout en visant le haut de la colline la plus au sud ! Mais ça vous évite de faire demi-tour jusqu’au village pour prendre le sentier des crêtes de là. Une fois arrivés en haut de la colline, vous retrouverez le sentier des crêtes que vous pourrez reprendre jusqu’au village, voire continuer 30 min de plus jusqu’au mirador du Cerro Chequesani (bon spot pour les couchers de soleil, s’il n’y a pas de nuages comme nous !).

Sur l’île, on vous conseille de dormir à Yumani (au sud), dans l’hostel Tawri. On en a eu pour 120$B pour 2 avec le petit-déjeuner (et vu le déluge quand on est arrivés, on n’a pas pris le temps de négocier donc vous pourrez sûrement l’avoir pour un peu moins !). Vous pouvez également manger là.

Pour dîner, on avait entendu parler de Las Velas, un restaurant réputé sur de nombreux blogs : on y est allés à 19h15 et il était fermé ! On était lundi de Pâques, peut-être que ceci explique cela… Même si on n’y est pas allés, on vous le recommande quand même sous le contrôle de Pascal et Tamara qui eux ont eu la chance d’y manger ! ^^