Après les quelques jours passés à randonner dans la Cordillère Blanche, nous nous sommes accordés un petit repos dans la ville côtière de Trujillo, au chaud, afin de redonner vie à nos pieds congelés par les nuits sous la tente !

Une ville vivante

Le centre de Trujillo nous a donné l’impression d’une ville assez vivante, avec son artère principale piétonne, son ambiance de fin d’après-midi à la fois décontractée et agitée. Mais il faut le dire, ce n’est pas une ville incontournable. Ses points d’intérêts résident dans les sites pré-incas aux alentours de la ville, dans le fait que l’on ait retrouvé des températures décentes pour un mois de mai, et pourquoi pas dans la proche ville de Huanchaco pour les surfeurs ou ceux qui souhaitent se baigner dans le Pacifique. Comme nous nous étions déjà baignés dans le Pacifique, et que bon, vous avez déjà vu Cléo sur une planche de surf ? Non. Et bien il y a peut-être une raison à cela ! (C’est Simon qui a écrit cet article, je ne cautionne pas !) Nous ne nous sommes donc pas baignés à Huanchaco mais avons juste profité de la plage une petite heure après avoir visité l’un des sites pré-incas : Chan Chan. Trujillo présente également quelques anciennes maisons coloniales aux jolies couleurs sans lesquelles la ville n’aurait vraiment aucun charme.

Une maison coloniale avec de jolies boiseries
Sur la place d'Armes
La rue piétonne animée

Conseils aux voyageurs :

La ville de Huanchaco est à une demi-heure de bus de Trujillo, sur la route qui mène également à Chan Chan. Nous avons donc visité Chan Chan le matin, puis nous sommes dirigés vers Huanchaco pour manger à midi et passer un peu de temps sur la plage. Pour aller à ces deux sites, vous pouvez prendre le bus B qui part sur l’Avenida España au croisement avec l’Avenida Manuel Vera Enriquez. A Huanchaco, le restaurant My Friend sert des bons menus à prix correct (10 soles).

Pour l’hébergement à Trujillo, nous vous conseillons l’excellente auberge de jeunesse Munay Wasi. Le petit déjeuner est notamment servi sur une grande table commune, qui permet de faire connaissance avec les autres résidents. A savoir aussi que si vous arrivez avec un bus de nuit comme c’était le cas pour nous, l’auberge vous offre le petit déjeuner et vous pouvez prendre une bonne douche dans les salles de bain communes bien tenues !

Et pour un menu léger et végétarien à Trujillo, on vous recommande le petit resto situé juste en face de l’Alliance Française (Jiron San Martin, entre Jiron Estete et Jiron Colon) : enfin un resto qui ne sert pas de chicha morada avec son menu du jour, mais un excellent jus de fruit frais !

Chan Chan ou l’existence de la vie avant les Incas

On a tendance à l’oublier, mais au Pérou, la vie n’a pas commencée avec les Incas, et loin de là ! Certes, l’empire Incas, entre le XVème et le XVIème siècles, était immense et il a surtout occupé pas mal de pays allant du Chili et de l’Argentine jusqu’en Equateur et même un peu en Colombie, mais beaucoup de civilisations l’ont précédé, comme les Chimu (XIVème et XVème siècles) qui ont construit le site de Chan Chan. Parmi les autres civilisations, on peut par exemple citer les Moche (oui, drôle de nom…) qui ont vécu entre le IIème et le VIIIème siècles et qui construit les Huacas de la Luna et del Sol (cf suite de l’article), les Paracas (entre 800 avant JC et le IIIème siècle après JC) qui ont laissé le chandelier que nous présentions dans l’article correspondant, ou encore les Nazca qui ont laissé comme héritage leurs fameuses lignes visibles depuis le ciel.

Les ruines de Chan Chan sont immenses, puisque chaque empereur a décidé de construire son propre site. Malheureusement, seul un site peut actuellement être visité. La cité est faite d’une sorte de terre agglomérée, de l’adobe, et donc pas très résistante aux intempéries. Les sites sont donc par endroits recouverts de toits artificiels ce qui ne permet pas de voir les ruines sous leur meilleur jour. C’est cependant la seule manière de pouvoir les conserver encore quelques siècles sans que tout ne parte en poussière !

Nous n’avons pas trouvé le site très spectaculaire (les ruines incas doivent sûrement y être pour quelque chose…) mais il faut avouer que pour l’époque, cela impressionne. Les murs recèlent de nombreux bas-reliefs très géométriques et très répétitifs qui rappellent l’environnement marin dans lequel la civilisation a évolué : pélicans, poissons, lions de mer…

Les restes d'un des palais (les murs sont bien ces structures en losanges)
Les bas-reliefs représentant poissons et vagues
Un bas-relief représentant des lions de mer

Conseils aux voyageurs :                                          

Comme évoqué dans l’article, si vous voulez visiter Chan Chan et si vous avez le choix, faites-le avant d’aller voir les sites Incas du Sud du Pérou.

Lors de votre visite, vous aurez le choix entre prendre un guide (40 soles par guide), acheter un dépliant explicatif (3 soles) ou y aller en autonomie. On vous recommande de prendre au moins le dépliant pour rendre la visite plus intéressante.

Huacas de la Luna y del Sol

Les temples de la Lune et du Soleil, construits par la civilisation Moche, sont eux aussi très proches de la ville de Trujillo, à une vingtaine de minutes en bus. Nous avons commencé par visiter le musée qui y est consacré, et pour une fois, la scénographie était très bien faite et les pièces présentées très bien préservées. On y apprend notamment que le phénomène naturel d’El Niño était souvent à l’origine de sacrifices humains (qui avaient pour but de calmer la colère des Dieux… ), et comment ces sacrifices étaient réalisés…

Le Huaca de la Luna est le seul des deux temples qui se visite. On peut cependant apercevoir la Huaca del Sol durant la visite ainsi que la cité Moche qui se tenait entre les deux Huacas. La Huaca de la Luna avait une fonction religieuse alors que la Huaca del Sol était le centre administratif de l’empire. Mais ce qui est le plus spectaculaire, c’est que la Huaca de la Luna est en fait un empilement de 5 temples successifs ! En effet, pour des raisons qui sont inconnues, les Moche agrandissaient au fur et à mesure la Huaca de la Luna en construisant par-dessus comme des poupées russes. Les temples des niveaux inférieurs ne sont ainsi plus visibles extérieurement, sauf à quelques endroits où on peut apercevoir des murs des temples n°3 ou 4. Ces temples ont donc été reconstruits à l’identique plusieurs centaines d’années durant. Ils étaient juste grossis pour pouvoir englober les temples précédents, mais les peintures et les décorations étaient les mêmes. On peut ainsi observer plusieurs représentations du dieu Ai-Apaec de la civilisation Moche.

En bas de la photo : le temple n°3 et au dessus, le temple n°4. Le temple n°3 a été ici débarrassé des milliers de briques qui le comblaient pour le présenter aux touristes.
En bas de la photo : le temple n°3 et au dessus, le temple n°4. Le temple n°3 a été ici débarrassé des milliers de briques qui le comblaient pour le présenter aux touristes.
La montagne au fond, c'est Huaca del Sol, le centre administratif du pays. Au 1er plan, on aperçoit les restes de la capitale Moche, dans laquelle vivaient la plupart des habitants.
Bas-reliefs
Bas-reliefs
Un magnifique bas-relief sur lequel on retrouve de nombreux aspects de la vie du peuple Moche : la pêche, les sacrifices humains, le lien avec l'océan...

Conseils aux voyageurs :                       

Le musée présent avant la visite de la Huaca de la Luna vaut selon nous la visite et doit coûter environ 10 soles par personne. On comprend bien le site une fois sur place ensuite, même si la visite de la Huaca de la Luna se fait forcément guidée. Nous avons été bien plus impressionnés par la Huaca de la Luna que par Chan Chan !