A moins d’être un passionné de bouddhisme ou un fan du Tibet, cette ville ne vous dira sûrement pas grand-chose. Et pourtant, on y fait l’une des plus belles étapes de notre voyage en Inde : les magnifiques montagnes qui l’entourent n’y sont pas pour rien !

Pour commencer, un peu d’Histoire

Pour comprendre ce qu’est la ville de Dharamsala, il faut connaître l’histoire du Tibet. Et on s’est rendus compte qu’on n’y connaissait pas grand-chose ! On savait vaguement que le Tibet appartenait à la Chine, et que c’était compliqué. Point barre. On en a appris beaucoup plus lors de la visite du musée tibétain de Dharamsala. Le Tibet était en fait un pays libre et indépendant, et en 1950, l’armée chinoise a envahi une partie du Tibet. Face au manque de moyens des Tibétains, la Chine a pu annexer le pays. Le Dalaï-Lama, chef spirituel du Tibet, a fui le pays une dizaine d’années plus tard, par peur de se faire emprisonner (voire pire) par les autorités chinoises. Il ne devait pas avoir tort, car des années plus tard, en 1995, le Panchen-Lama (2ème personnage plus important du Tibet), alors âgé de 6 ans, a été enlevé par Pékin et personne ne sait s’il est encore vivant.

Le Dalaï-Lama a donc fui son pays en 1959, et l’Inde lui ayant proposé de l’accueillir à Dharamsala, il s’y est installé avec les milliers de Tibétains qui s’étaient exilés avec lui. Le gouvernement tibétain en exil siège donc à Dharamsala, le pouvoir politique (enfin, ce qu’il en reste…) ayant d’abord été dans la main du Dalaï-Lama avant d’être rendu à une assemblée de députés élus. Leur ligne de conduite a toujours été la non-violence. Depuis 1950, de nombreux Tibétains ont été tués : le gouvernement tibétain en exil avance le chiffre de 1 200 000 Tibétains morts à cause de l’occupation chinoise (tués directement ou indirectement, en essayant de fuir à travers l’Himalaya par exemple). En regardant sur internet, on se rend compte que ce chiffre est contesté, tout comme le fait que le Tibet ait été un pays indépendant : le Tibet a plusieurs fois dans son Histoire rendu des comptes à la Chine, et certains estiment que le Tibet a toujours plus ou moins appartenu à la Chine.

Mais ce qui semble poser le plus de problème aux Tibétains, ce n’est pas tant l’annexion de leur pays que le travail systématique des autorités chinoises pour faire disparaître leur culture, détruire leur temples et supprimer tous ceux qui s’opposent à ces destructions. De très nombreux temples historiques ont été détruits pendant la Révolution Culturelle de Chine ; une ligne de chemin de fer Pékin-Lhassa (capitale du Tibet) a été construite et a permis l’arrivée massive de Chinois, favorisant la « dilution » de la culture tibétaine ; le tibétain n’a plus été enseigné dans les écoles ; les moines tibétains ont dû suivre des programmes d’éducation patriotique sous peine d’être arrêtés… Depuis 2012, on entend (un peu) parler du Tibet en Occident à cause de l’immolation de plusieurs moines et civils tibétains (plus d’une centaine entre 2012 et 2015) : c’est la seule façon qu’il leur reste pour dénoncer la situation. Mais le conflit perdure…

De nombreux moines tibétains vivent à Dharamsala auprès du Dalaï-Lama.
De nombreux moines tibétains vivent à Dharamsala auprès du Dalaï-Lama.

La ville de Dharamsala

Dharamsala est une grande ville commerçante, et seul un petit quartier situé au-dessus de la ville principale attire les voyageurs : le quartier de McLeod Ganj. C’est là que se concentrent les hôtels, les restaurants, la belle vue sur les montagnes, … Le Dalaï-Lama ne s’y est pas trompé, c’est là qu’il s’est installé ! On a beaucoup apprécié se balader dans les rues (enfin, surtout en descente ^^) calmes et propres, admirer un autre type d’artisanat, tester une nouvelle cuisine : c’est un peu comme si on avait passé quelques jours au Tibet !

Les stands d'écharpes, de bonnets, de pulls tibétains sont nombreux : on a perdu près de 20°C entre Delhi et ici !
Les moulins de prières sont présents dans tous les temples bouddhistes tibétains : les fidèles font le tour du temple dans le sens des aiguilles d'une montre et font tourner les moulins à prière les uns après les autres. Chacun de ses moulins contient un mantra (une sorte de prière), et en tournant le moulin, c'est comme si le fidèle récitait ce mantra. Pratique !
Les moulins de prières sont présents dans tous les temples bouddhistes tibétains : les fidèles font le tour du temple dans le sens des aiguilles d'une montre et font tourner les moulins à prière les uns après les autres. Chacun de ses moulins contient un mantra (une sorte de prière), et en tournant le moulin, c'est comme si le fidèle récitait ce mantra. Pratique !
Dans une fabrique de tapis tibétains : on a été impressionné par le travail nécessaire pour réaliser un seul tapis !
Dans une fabrique de tapis tibétains : on a été impressionné par le travail nécessaire pour réaliser un seul tapis !

Conseils aux voyageurs :

On a beaucoup aimé notre hôtel, le Pink House, pour ses jolies chambres et sa vue sur les montagnes depuis les nombreuses terrasses. Les chambres sont très inégales, on nous en a montré entre 600 Rs et 1000 Rs, sachant que sur internet, on pouvait les réserver à partir de 1200 Rs : si vous n’arrivez pas trop tard à Dharamsala, on vous recommande de ne pas réserver !

On a testé de nombreux restos et cafés (la ville regorge de petits cafés, certains avec terrasse ensoleillée avec vue sur les montagnes, on n’a pas pu résister ^^) :

  • Kallimpong Momo: pour sa petite salle remplie de tibétains et ses momos, la spécialité tibétaine !
  • Tibetan kitchen: pour tester la cuisine du Tibet mais aussi du Bhoutan (à défaut de pouvoir se payer le voyage là-bas) !
  • Snow Lion: pour ses petits-déjeuners pas chers et excellents ! Le pain tibétain avec la confiture maison est un vrai régal !
  • Peace Coffee House: pour un café et un gâteau, sur une jolie terrasse ensoleillée avec vue  
  • Bodhi Greens: à Dharamkot (celui de McLeod n’existe plus), très bon thali et lassis.

Le temple du Dalaï Lama et le musée tibétain

Evidemment, la culture tibétaine est très présente à Dharamsala. Le temple le plus important est celui du Dalaï-Lama, que nous avons visité par chance lors d’une cérémonie religieuse. Nous n’avons pas vu le Dalaï-Lama mais la cérémonie était très belle !

A côté de ce temple se trouve le musée tibétain, qui nous a appris beaucoup de choses sur le conflit entre la Chine et le Tibet. On n’y voit que le point de vue tibétain, mais c’est assez édifiant…

Séance de prière au temple du Dalaï-Lama
Une 1ère cérémonie a lieu au sein d'un des temples.
Et une 2ème cérémonie commence à l'extérieur, sous l’œil curieux des visiteurs.

Conseils aux voyageurs :

Le musée est gratuit et vaut vraiment le coup !

Balades dans les montagnes

On se dit que Dharamsala a peut-être été proposé par les Indiens au Dalaï-Lama en exil car la région pouvait rappeler le Tibet : effectivement, Dharamsala est situé dans le nord de l’Inde, au milieu des montagnes. On n’atteint pas la hauteur des sommets népalais mais le paysage montagneux nous a vraiment changés de ce qu’on avait pu voir ailleurs en Inde.

On en a profité pour remettre nos chaussures de randos lors de deux balades en montagne : la 1ère pour aller visiter deux villages (Bhagsu et Dharamkot) et une cascade, et la 2ème pour voir un joli point de vue sur les montagnes (Naddi view point) en passant par des forêts et un lac (sans intérêt).

La cascade de Bhagsu (bon, on a déjà vu plus impressionnant, mais c'est le cadre qui vaut le détour !)
La cascade de Bhagsu (bon, on a déjà vu plus impressionnant, mais c'est le cadre qui vaut le détour !)
Vue depuis le haut de la cascade
Lors du retour de la cascade
On est tombés par hasard sur une fabrique d'instruments de musiques tibétains (une sorte de guitare) en allant jusqu'au point de vue, juste avant le lac Dal
2017 11 10 - Dharamshala 154
La belle vue sur les montagnes !

Conseils aux voyageurs :

Pour faire le trajet McLeod-Bhagsu-Cascade de Bhagsu-Dharamkot, on a mis moins de 3h, et on trouve facilement où manger à Dharamkot. On peut aussi manger des petites choses à la cascade de Bhagsu.

Pour aller au Naddi view point, il semble qu’il y ait des bus mais on a opté pour la marche. Si vous trouvez le raccourci dans la forêt pour éviter la longue route, cela vous fera gagner beaucoup de temps : demandez aux locaux, le chemin était mal indiqué sur Maps.Me. On a ajouté un point de repère sur Maps.Me mais on ne sait pas si il sera ajouté à l’appli et quand.

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