Ca y est, nous y voilà : l’Inde. Ce pays qui, il y a un an, nous faisait rêver et cauchemarder en même temps. Aujourd’hui, nous y sommes. Dans ce brouhaha incessant, ce bazar permanent. A tel point que les bâtiments touristiques de la ville nous apparaissent comme des havres de paix.

Il n’y aura pas trop de photos de ce grand bazar qu’est Delhi. Pour plusieurs raisons, ou excuses, vous choisirez. La circulation est tellement dense dans la ville qu’il était compliqué de cadrer quoi que ce soit avec un tuk tuk à droite, une vache à gauche, deux scooters qui arrivent en klaxonnant devant et 4 taxis furieux derrières ; tout se passe tellement vite qu’on n’assimile pas la scène qu’elle est déjà terminée ; et puis il faut l’avouer aussi, nous étions assez sur nos gardes après tout ce que nous avions lu sur Delhi avant d’y arriver. Finalement, nous nous sommes vite aperçus que Delhi était le paradis des arnaqueurs en tous genres, mais pas trop celui des agresseurs, et qu’il faut surtout garder une attention constante sur la circulation qui nous entoure.

Voilà à quoi ça ressemble une rue à Delhi ;-)
Voilà à quoi ça ressemble une rue à Delhi 😉

Nous avons donc passé ces 3 jours entre les grands bâtiments touristiques de la ville et quelques boutiques au calme. Au programme, nous avons visité le Fort Rouge qui est un ancien palais moghol du XVIIème siècle; Jama Masjid, la plus grande mosquée en Inde; le temple Sikh Gurudwara Sis Ganj; ainsi que le tombeau de Humayun qui était un empereur moghol.

Le Fort Rouge est très impressionnant quand on arrive face à lui. Un beau drapeau indien flotte au milieu des tours, elles-mêmes plus hautes que les énormes remparts extérieurs. Mais on ne vient pas ici pour visiter les remparts, mais plutôt pour voir les bâtiments à l’intérieur de la forteresse : un hall des audiences publiques avec de belles arcades, d’anciens palais impériaux, une mosquée, le tout au milieu d’un grand parc quadrillé par des canaux (malheureusement) asséchés.

Les remparts impressionnants
Un des halls du Fort, utilisé pour recevoir du public
Les jardins
De nombreux indiens visitent le Fort (bien plus nombreux que les touristes occidentaux !)

Conseils aux voyageurs :

Après avoir visité de nombreux forts au Rajasthan, nous trouvons que celui de Delhi était le moins intéressant car on ne visitait que des parties extérieures. Donc on recommande plutôt de visiter ceux d’Amber (près de Jaipur), de Bikaner ou de Jodhpur.

La mosquée Jama impressionne elle aussi par ses dimensions. Elle fait face à une grande esplanade sur laquelle beaucoup de monde vient se retrouver, passer un peu de temps, où se réfugier à l’ombre des arcades (tiens, tiens, nous ne serions pas les seuls à mourir de chaud ?). Ce qui nous a étonné était que dans la mosquée même, les fidèles priaient face aux murs et qu’il n’y avait pas d’autel, de tableau, ou autre chose se détachant de ces murs mis à part quelques zones un peu plus sculptées que d’autres. Ce n’est qu’après qu’on apprendra que toutes les mosquées sont tournées vers la Mecque, afin que les fidèles prient en direction de la Mecque. Et évidemment, nous nous sommes rappelés ensuite que la religion musulmane n’autorise pas de représentations de Dieu, d’où l’absence de statue, tableau, etc.

La mosquée Jama, entourée d'une agitation permanente !
La mosquée Jama, entourée d'une agitation permanente !
Mais à l'intérieur, c'est plus calme.

Dans le temple Sikh Gurudwara Sis Ganj, nous sommes restés quelques instants dans la salle de prière. Nous avons pu constater que dans les temples sikhs, il faut se couvrir la tête. Et c’est vrai qu’en y réfléchissant, c’est normal puisque tous les sikhs ont un turban sur la tête pour protéger la longue chevelure qu’ils ne coupent jamais durant leur vie.

La salle de prière, durant une "mini-cérémonie"

Enfin, nous avons terminé nos visites de Delhi en allant au tombeau de Humayun, empereur moghol du XVIème siècle. C’est un site classé par l’UNESCO, tout comme le Fort Rouge. On y a découvert un petit Taj Mahal magnifique. On peut dire que pour ses jours dans l’au-delà, cet empereur ne s’est pas privé : sa tombe est au centre de la pièce centrale de ce grand palais en grès rouge et en marbre blanc…

Serait-on déjà arrivés à Agra ?^^
L'un des cercueils aux 4 angles du tombeau
Vue depuis le 1er niveau de terrasses
Un autre tombeau à côté de celui d'Humayun, celui d'un riche notable
Et sa moquée attenante.

Conseils aux voyageurs :

Delhi mérite sa réputation de ville bruyante et chaotique. Il est difficile d’y circuler rien qu’à pied. Il y a du monde partout tout le temps, vous êtes sans cesse alpagué pour tel taxi, pour acheter telle babiole, etc. Pour nous déplacer, le plus simple était le métro, que nous complétions par des tuktuk à négocier lorsque les sites étaient trop loin des métros. Le métro se paye à la distance parcourue : en général, entre 10 et 30 Rs, un peu plus pour l’aéroport. Deux manières de l’utiliser : acheter à chaque trajet un jeton. Cette méthode est la plus économique mais la plus longue (vous verrez quand vous arriverez devant votre première file pour acheter un seul jeton…) L’inconvénient c’est qu’on ne peut pas acheter des jetons d’avance puisque chaque jeton correspond à un certain solde, et à moins d’avoir défini à l’avance l’ensemble de ses trajets pour les quelques jours passés à Delhi, ça semble compliqué. L’autre moyen est de prendre une Smart Card qu’on achète et qu’on recharge aux « customer care » de chaque station de métro (bien moins de queue qu’aux guichets normaux). La carte coûte 150 Rs (50 Rs la carte + 100 Rs de solde initial). Le solde est a priori remboursable sur un minimum de 20 Rs ainsi que la carte d’une valeur de 50 Rs quand vous quitterez Delhi. Nous on pense qu’on s’est fait arnaquer par le customer care puisqu’il n’a pas voulu nous rembourser le solde qu’on avait sur la carte, seulement 30 Rs pour la carte… Même le métro arnaque à Delhi…

Pour les tuk-tuks (rickshaws), le but est d’essayer de se faire avoir le moins possible. Nous avons rarement eu des chauffeurs nous proposant le prix normal du trajet d’emblée. Mais vu le nombre de tuk-tuks à Delhi, cela se fait bien d’aller trouver celui qui veut bien partir au prix correct. Nous avons eu souvent des trajets proposés à 100 Rs pour un trajet n’en valant que 40, et même d’autres proposés à 250 Rs alors que nous n’avons payé finalement que 120 Rs, ce qui était déjà surpayé. Attention à l’arnaque qui consiste à ce que le tuk-tuk vous amène chez l’un de ses commerçants dans lequel il est commissionné alors que vous, vous ne souhaitiez que vous rendre à votre hôtel… Il faut être ferme et lui affirmer que vous ne voulez pas aller voir son commerçant et exiger la course que vous avez commandée.

Idem pour les taxis. Nous sommes arrivés tard à l’aéroport à Delhi (trop tard pour prendre le métro). Le taxi que nous avons pris savait très bien où se situait notre hôtel et comment y aller. Une fois arrivés à 2 km de l’hôtel, il a subitement été pris d’une « amnésie du chauffeur de taxi » qui consiste à ne pas savoir comment rejoindre l’hôtel. Il va alors s’arrêter sur le bord de la route, et demander son chemin « au premier venu » qui va alors vous déconseiller formellement d’aller à l’hôtel que vous avez choisi parce qu’il n’est pas bien, ou dans un très mauvais quartier ou toute autre excuse bidon. Et justement, ce premier venu tient un très bon hôtel, ou connait un très bon hôtel pas loin… Evidemment, les deux sont de mèche, il faut juste exiger à nouveau que votre taxi vous conduise à votre hôtel. Nous l’avons même guidé au GPS car il prétendait ne pas savoir où aller (sachant que nous allions dans la rue où tous les hôtels « routard » de New Delhi se trouvent…) Pour info, de la gare à notre hôtel qui se trouvait tout près de la gare de New Delhi, nous avons payé 400 Rs, ce qui était déjà bien payé mais nous sommes arrivés vers minuit et les autres tarifs proposés étaient bien plus élevés (vers 2000 Rs).

Nous passons les autres arnaques que vous aurez sûrement lues sur d’autres blogs ou dans des guides, les indiens sont inventifs pour cela ! En résumé : il faut savoir où vous allez à Delhi, et tout se passera bien !

Nous avons testé plusieurs bons restaurants à Delhi :

  • Krishna café, pour sa vue superbe sur l’activité. Vraiment on se croirait dans un film quand on regarde (et on entend, car c’est fourni en klaxons) tout ça, ambiance garantie et bonne nourriture indienne.
  • Karim’s, juste à côté de la Jama Masjid. Une cuisine extra ! Nous y avons testé un mutton biryani et un butter chicken excellents ! Attention les portions sont très importantes (et ça coûte cher), n’hésitez pas à prendre des demi parts comme proposé.
  • Dans le marché Dilli Haat, nous avons testé le Rajasthan Food Stall n°1 très bon également.

Nous avons aussi profité de notre passage à Delhi pour faire quelques boutiques, voici celles que nous vous recommandons :

  • Khan Market (métro Khan Market) : boutiques indiennes et occidentales, plutôt haut de gamme. Le gros avantage, c’est que c’est très calme et ça fait du bien ! Jolies boutiques comme Anokhi, Fabindia, Good Earth… mais ça reste cher pour le pays, les tuniques sont à partir de 15/20€ par exemple.
  • Dilli Haat (métro INA) : c’est un marché d’artisans venant de toute l’Inde, et les exposants changent tous les 15 jours. On trouve de tout (nourriture, tissus, vêtements, objets…), à tous les prix. Le seul inconvénient, c’est que l’entrée au marché est payante (100 Rs de mémoire). On peut manger dans le marché.
  • Sarojini Nagar Market (métro INA + rickshaw à 20 Rs / pers) : alors là, c’est pour faire comme les locaux ! Un immense bazar avec plein de boutiques, autant à l’intérieur des magasins que sur les trottoirs, et les tuniques commencent à 100 Rs. On y vend surtout des vêtements, occidentaux et indiens. Ca n’est pas reposant par contre…
  • Pahar Ganj (métro Ramakrishna Ashram Marg) : ça n’est pas vraiment un marché mais plutôt une rue pleine de magasins, qui va de la gare de New Delhi jusqu’au métro Ramakrishna Ashram Marg. On y trouve de tout, plutôt pas très cher, et plutôt de qualité médiocre. Pour des petits souvenirs, ou une tenue indienne pour essayer de se fondre dans la foule…

2 Comments on “Delhi – Se réfugier à l’ombre des arcades

  1. Pourquoi le choix du noir et blanc ? J’aurais bien aimé voir les couleurs moi 🙂

    • La couleur viendra très vite ne t’inquiète pas ! Les couleurs de Delhi ne sont pas les plus folles qu’on ait vues. Je trouvais ça drôle de démarrer un pays aussi coloré que l’Inde par un noir et blanc^^