Le Myanmar compte une multitude de différentes communautés. Elles peuvent se différencier par leurs langues, coutumes, habits, religions…  Nous avons rencontré dans le Nord du pays, vers Hsipaw, quelques Palaungs qui vivent dans les montagnes et vivent principalement de l’agriculture. Suivez nous dans ces trois jours de trek à travers rizières, champs de maïs et plantations de thé !

Nous sommes donc partis trois jours en compagnie d’Aike, notre guide, vers des villages Palaungs. Depuis les basses terres, exploitées majoritairement pour la culture du maïs, revendu en très grande partie à la Chine voisine, nous avons grimpé la montagne pour finir dans des paysages où les arbres à thé poussent tranquillement entre les nuages. Nous avons pu également voir à plusieurs reprises dans les maisons les machines utilisées pour fabriquer le thé, qu’il soit consommé en salade, ou en infusion.

D’autres cultures sont également bien présentes : le riz (bon oui forcément…), le maïs, mais aussi la cacahuète ! Nous avons d’ailleurs appris que la cacahuète que nous épluchons est en fait une racine. On se sera couchés moins bêtes !

Nous avons eu aussi l’occasion d’aller pêcher le deuxième jour de notre trek. Equipés d’une batterie de voiture, de fil électrique, d’une petite épuisette, et le tour est joué ! On plonge les fils électriques attachés à des bâtons en bambou dans l’eau, un courant électrique se crée entre les deux fils, et les poissons flottent alors à la surface. Il n’y a plus qu’à être assez rapide pour les attraper avec l’épuisette. Dis comme ça, ça a l’air facile, mais il faut aussi savoir où se cachent les poissons dans la rivière…

Nous nous sommes rendus pendant le trek dans l’école d’un village. La manière d’enseigner nous a paru assez particulière dira-t-on. Il y avait une grande salle de classe pour 4 groupes différents avec 4 enseignants différents, chacun à un coin de la classe. Les professeurs étaient en face des élèves, et gueulaient littéralement la leçon aux élèves qui répétaient ensuite ou étaient interrogés individuellement. Je vous laisse imaginer la cacophonie que ça fait ! Mais tout le monde était assez attentif, c’est que ça doit fonctionner.

Nous avons pu pas mal discuter aussi avec notre guide du Myanmar actuel. Il nous a appris quelques faits assez étonnants, notamment sur les armées locales. Chaque ethnie a sa propre armée, qui est différente de l’armée du Myanmar. Pour constituer l’armée Palaung par exemple, les généraux se rendent dans chaque village régulièrement, et tirent au sort un certain pourcentage d’hommes qui sont enrôlés dans l’armée… Autre sujet, concernant le conflit actuel avec les Rohingyas, notre guide avait la même vision que l’un des moines que nous avions rencontré précédemment, à savoir qu’il ne pensait pas qu’on puisse parler d’un génocide de la part de l’armée birmane, mais que c’était les Rohingyas qui avaient démarré en attaquant des postes de police (fin août 2017), et que la répression actuelle n’était qu’une simple réaction à cette attaque… Alors certes, le tableau n’est pas tout noir ou tout blanc, mais il ne voulait pas admettre l’ampleur du déplacement de population actuel ainsi que des persécutions menées à l’encontre de ces populations bien avant les attaques d’août 2017. Bref, c’était intéressant de discuter avec lui dans un pays qui commence à sortir d’années de dictature militaire, et qui n’est d’ailleurs pas encore tout à fait sorti d’affaire…

En rentrant de Hsipaw pour rejoindre Mandalay, nous avons pris le train : en plus d’être une expérience à part entière (des dizaines de birmans prennent le train qui est le moyen de locomotion le moins cher), ce trajet permet de passer le viaduc de Gokteik, construit par les Anglais il y a plus de 100 ans et qui reste très impressionnant. Bon, par contre, il faut prendre son mal en patience, on a mis 12h de train pour faire 210 km !

Les premières rizières plus vertes que vertes
Même si on croisera surtout beaucoup plus de champs de maïs comme ceux-là durant les 3 jours
Premier arrêt dans "le village de Mr Charles"
Et voici l'école ! Sans le son, c'est moins impressionnant ^^
Le grand-père de la famille que nous avons rencontrée le premier soir
Le fils avec ses deux enfants
Et après niveau liens de parenté on n'est pas sûrs de tout...
Intriguées par l'appareil photo...
Une fois revenus, notre guide nous explique comment est fabriqué le thé qui sert aux salades de feuilles de thé, un plat typique birman
Les plantations de thé
Les feuilles sont bouillies dans de l'eau dans le récipient du dessus
Les feuilles sont bouillies dans de l'eau dans le récipient du dessus
Elles sont ensuite roulées dans cette machine et finalement mises dans des énormes seaux (2m de diamètre et plus d'1,50m de haut afin que les feuilles puissent fermenter).
La maison dans laquelle nous avons dormi !
Le lendemain, nous partons armés du fusil de chasseur et du système de pêche vers la cascade (on n'a toujours pas compris à quoi aurait pu nous servir le fusil!)
La fameuse cascade
La fameuse cascade
La préparation de la canne à pêche électrique
La pêche a été bonne !
La cuisson au bambou, il n'y a que ça de bon !
La cuisson au bambou, il n'y a que ça de bon !
On repart ensuite, après environ avoir traversé 10 fois la rivière dans un sens puis dans l'autre, vers des rizières de "sticky rice", un riz que nous avons déjà goûté en Thaïlande en version sucrée, un délice !
Nous voilà arrivés au village dans lequel nous passerons notre deuxième nuit
Sur le chemin du retour, on fait une partie de chinlon avec les militaires. C'est LE jeu national au Myanmar. Il se joue avec une petite balle tressée très légère. Les règles sont un peu les mêmes qu'au volleyball sauf qu'on ne peut utiliser que les pieds, la tête, le torse et les épaules pour renvoyer la balle de l'autre côté du filet. Le jeu peut aussi se jouer en cercle simplement. Remarquez au fond les 2 militaires qui observent le jeu... c'est bien la 1ère fois qu'on croisait des militaires en randonnée !
Nos guides feront une razzia sur les champignons croisés sur le chemin !
Arrivés à la dernière cascade en compagnie de notre guide, Aike !
La traversée du viaduc de Gokteik au dessus de la vallée, plus de 100 m plus bas !

Conseils aux voyageurs :

Nous avons effectué ce trek avec Aike, sous les conseils d’Anne rencontrée en Sulawesi. Vous pouvez le joindre par facebook Hsipaw trekking with Aike (on ne vous met pas le mail, il est beaucoup plus réactif par facebook !). Le trek nous a coûté $20 / jour / personne car nous étions deux, et il nous aurait coûté $15/j/pers si nous avions été 4 personnes. Nous avons fait les deux derniers jours de trek avec un autre groupe et un autre guide, Kham Lu (e-mail : kyawmoonoo@gmail.com), qui était aussi très bien et que nous recommandons. Aike et Kham Lu vont d’ailleurs essayer de monter leur propre agence avec deux amis guides à eux. Le prix comportait les repas pour les 3 jours (sauf petit déjeuner du premier jour et dîner du dernier jour), le logement dans des familles de deux villages différents, et le transport jusqu’au point de départ et de retour du trek à une demi-heure de Hsipaw. Pensez à prendre un peu d’argent pour acheter de l’eau dans les villages. Il y a possibilité de prendre une douche à chaque fin de journée à la bassine et à l’eau froide, et on se sent super bien après ça !

Un guide est a priori nécessaire pour faire des treks puisque la zone est militarisée, on croise des militaires assez régulièrement, et si vous en croisez et que vous n’avez pas de guide, ils vous raccompagneront gentiment à Hsipaw…

Si vous entendez parler de Hsipaw et des treks alentours, vous entendrez à coup sûr parler de Mr Charles, qui organise la majorité des treks au départ de Hsipaw. Nous avions lu sur internet que Mr Charles est en quelque sorte une petite mafia du coin, qui empêche les autres guides de faire leurs treks seuls, qui s’accapare des villages, etc. Ce que nous a confirmé Aike lors de notre trek. Le Mr Charles d’origine est aujourd’hui un vieux monsieur chinois qui a monté son petit business il y a longtemps et qui à cette époque était reconnu et apprécié. Aujourd’hui, le fils qui a repris l’affaire ne la gère pas de la manière la plus honnête possible… Nous conseillons donc dans la mesure du possible de ne pas passer par ses services pour faire un trek, et de ne pas séjourner dans l’un de ses nombreux hôtels (Mr Charles guest house, Mr Charles River View, Lilly guest house, etc.). Notre hôtel, The Northern Land Hotel, est un hôtel assez récent et qui n’appartient pas à Mr Charles. Et au petit-déjeuner, il y avait des crêpes ! A bon entendeur…

Nous avons testé à Hsipaw Mr Shake (qui s’appelle aussi Yuan Yuan) qui fait d’excellents shakes en effet, avec pas mal de fruits différents et à des prix dérisoires, 1200 Ks. On peut aussi y manger. L’adresse ayant changé plusieurs fois, il est aujourd’hui au Nord-Ouest de la ville, dans la rue de l’hôtel Thipaw. Nous avons aussi testé The Club Terrace, bonne cuisine et surtout le cadre très sympa au bord de la rivière.

Pour rejoindre Hsipaw, nous conseillons de prendre le train au moins à l’aller ou au retour. Le trajet est certes plus long qu’en bus (une dizaine d’heure contre 5 à 6h en mini-bus) mais moins cher et les paysages sont jolis et la traversée du viaduc impressionnante.